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22 mars 2013

Spring Breakers

Avec Spring Breakers (2013), Harmony Korine a eu l'idée de l'année pour se faire connaitre du grand public : mettre quatre (très) jolies filles (très) populaires en bikini au milieu d'une intrigue mêlant violence, sexe, alcool et fêtes. Le meilleur moyen pour se faire connaitre surtout quand le Monsieur arrive à enrôler Selena Gomez, Vanessa Hudgens, Ashley Benson et sa compagne Rachel Korine

Qui est Harmony Korine ? Un cinéaste underground comme on dit surtout connu pour ses nombreux courts-métrages, son film Mister Lonely (2008) sur l'univers des sosies, et par l'élite des cinéphiles. Et c'est ce qui est bien avec ce réalisateur, c'est qu'il garde sa façon de penser. C'est pas parce qu'il a des stars à son casting qu'il va les chouchouter ou faire un film cliché et ultra-calibré. Au contraire, il emmène ses acteurs dans son univers, laissant vivre ses personnages dans l'instant présent. Ici, les personnages de Faith, Candy, Brit et Cotty évoluent sur une route dangereuse... Portées par la volonté de vivre quelque chose de nouveau, elles braquent un fast-food pour partir en Spring Break. Arrivées sur place, elles s'éclatent entre soirées, garçons, drogues et alcool. Mais la fête se termine quand elles se font arrêter par la police lors d'une fête. Alien (James Franco méconnaissable), un caïd de la région plein aux as payent leur caution et prend les quatre filles sous son aile. A la Snoop Dogg, oui exactement... 

Plus, le film avance, plus on se dit qu'elles s'engagent jusqu'à un point de non-retour pourtant Harmony Korine change plusieurs fois le destin de ses personnages avec intelligence et tact, nous prenant, du coup, à contre-pied. J'ai beaucoup aimé ces "rebondissements". 
Mais la grande force du film c'est le message implicite sur la déchéance d'une génération de jeunes américains qui dépensent tout ce qu'ils ont dans une orgie moderne d'une semaine où alcool, drogues, sexe et armes cohabitent dans un même lieu de décadence... Pourtant, Harmony Korine ne prend jamais parti. C'est étrange ce qu'il arrive à faire... Il narre l'histoire de ses personnages avec un ton neutre déroutant... Impossible de savoir s'il dénonce leur comportement ou s'il les encourage. Un ton neutre assez déstabilisant pour certains mais qui reste dans sa ligne de conduite : laisser évoluer ses personnages par eux-mêmes. Un ton neutre sublimé par la poésie de la musique, des images, des plans et de la photographie : beaucoup de fluo, de lumières noires, de scènes de nuits mettant en contraste les images festives du Spring Break. Une poésie sombre et violente aux faux airs de David Fincher et de Darren Aronofsky
Certaines scènes valent vraiment le détour comme la scène du braquage et celle de James Franco avec ses armes... digne du pilon de poulet dans Killer Joe (2012) !! Il faut aussi souligner la prestation surprenante des quatre copines qui cassent leur image de petites filles modèles. A la fois crédibles et envoûtantes... 

Bref, Spring Breakers est une vraie réussite, un poème moderne sur la violence et la décadence des jeunes d'aujourd'hui, à la réalisation appliquée et au ton neutre déstabilisateur... A ne pas mettre à la portée de tous. Un cinéma inventif et poétique qui en surprendra plus d'un ! 

Note : ★★★★


Fab'

19 nov. 2012

Argo

Téhéran, le 4 novembre 1979. L'ambassade américaine est envahie par des militants iraniens qui prennent en otage 52 Américains. Mais au milieu du chaos, six d'entre eux parviennent à s'échapper et atteindre l'ambassade canadienne dans le plus grand secret. Un spécialiste de l'exfiltration, Tony Mendez organise une opération risquée et farfelue en se faisant passer, avec les six otages, pour une équipe de tournage venue faire des repérages pour un film de science-fiction intitulé Argo... 

Pas fan de Ben Affleck acteur (Armageddon (1998), Pearl Harbor (2001), Dardevil (2003)...), je suis devenu fan de ses films depuis sa première réalisation Gone Baby Gone (2007). J'avais beaucoup aimé le film. Il a même confirmé quelques années plus tard avec The Town (2010) qui en surpris plus d'un avec sa réalisation appliquée et efficace. Avec Argo (2012), produit par George Clooney, il change de registre. Fini Boston place à Hollywood et Téhéran pour une histoire incroyable mais vraie ! Le premier scénario de Chris Terrio, basé sur des faits réels, est très malin jonglant avec brio entre la reconstitution historique, l'humour et le suspens. 
Une nouvelle fois, Ben Affleck s'entoure d'un casting prestigieux Bryan Cranston, John Goodman, Alan Arkin, Kyle Chandler (Friday Night Lights) et Victor Garber (Titanic (1998), Alias). J'ai une petite préférence pour Alan Arkin que j'avais adoré dans Little Miss Sunshine (2006) et qui me fait toujours autant rire ! Une nouvelle nomination (ou statuette) pour le Meilleur Acteur dans un Second-Rôle aux prochains Oscars ? 
Tout ce petit monde est bon. Même Ben Affleck est bon voire très bon. Jamais dans l'exagération ou hors du coup, il joue juste et bien. Très impliqué sur le film (réalisateur, producteur, acteur principal), il a une certaine sérénité que je n'avais jamais vu en lui - une esquisse peut-être dans The Town ou Jeux de Pouvoir (2009). A 40 ans, serait-ce le rôle de la maturité tant attendu pour lui ?  En tout cas, ses futurs projets (dont un film de Terrence Malick) semblent le confirmer... Wait & See).
Un gros travail a été fait sur la reconstitution Même si le film a été tourné en Turquie, la ressemblance est flagrante... Proche de l'illusion. La scène d'ouverture montrant l'invasion de l'ambassade est la plus impressionnante du film et celle qui reflète le plus le travail de reconstitution. Les costumes, les décors, les coiffures et les moustaches... tout sonne 70's. Un travail qui va sans doute être récompensé aux Oscars. 
Les Oscars, parlons-en ! Grand favori, Argo a de grandes chances de remporter pas mal de statuettes. Un film retraçant les exploits héroïques et réels de la CIA dans un contexte houleux des 70's... Tout est réuni. Affaire à suivre donc. Mais si c'est le cas, ce serait un des plus grands comebacks de l'histoire ! Car, il y a 10 ans, Ben Affleck enchaînait les navets et les prestations honteuses... Un gros passage à vide pas entièrement sauvé par Pearl Harbor
Il revient de loin. 
En tout cas, il signe un film sur une histoire qui vaut le détour, très bien reconstituée, au ton neutre, au casting excellent, à la réalisation soignée, tout en suspens, au coeur d'une des opérations les plus incroyables de la CIA. Une réussite ! 

Note : ★★★★
Fab'

11 sept. 2012

The Expendables 2


Church engage Barney Ross et sa bande de mercenaires pour récupérer quelque chose qui ne doit pas tomber entre de mauvaises mains. Les mauvaises mains sont celles de Vilain, un méchant qui cherche à s'emparer de cinq tonnes de plutonium pour les vendre au plus offrant. De dernier piège Ross et son équipe et tue sauvagement l'un des leurs. Dorénavant, ils veulent se venger. Leur plan est simple : le traquer, le trouver, le tuer. Mais ils vont avoir besoin de renfort...

La suite tant attendue est sortie cet été et en a surpris plus d'un ! Moi le premier ! Je ne pensais pas prendre autant de plaisir à voir ce film. Le premier m'a plu et constituait un bel hommage aux films d'actions des années 80 avec la fameuse scène culte du triumvirat "Willis - Stallone - Schwarzenegger". Avec ce nouvel épisode, tout est deux fois plus grand et deux fois plus spectaculaire !!
Le plus spectaculaire étant le casting ! Sylvester Stallone a rappelé tous ses potes du premier épisode : Jason Statham, Dolph Lundgren (énorme !), Jet Li, Terry Crews, Randy Couture ! Il a confié la réalisation a un habitué des films d'action Simon West. Il a fait venir des petits nouveaux : Liam Hemsworth, Scott Adkins, Yu Nan et Jean-Claude Van Damme (le super-méchant du film et ses références sur les moutons : magique !). Il a donné des rôles plus conséquent à Bruce Willis et Arnold Schwarzenegger. Et enfin, il a sorti de sa retraite l'immense Chuck Norris ! On a jamais vu autant de stars de films d'action dans un même films...  Excusez du peu. 
Rendez-vous compte, c'est la première fois que Stallone et Schwarzy tournent ensemble - si on excepte le caméo dans The Expendables (2010) ! 
Leurs joutes verbales sont hilarantes et on prend plaisir à les retrouver pour canarder tout ce qui bouge. Je n'ai jamais vu autant de morts dans un même film... On ne doit pas être loin d'un record du monde... Ils se sont amusés et ce plaisir se ressent à l'écran. On retrouve aussi les doubleurs français de ses acteurs qui sont devenus de véritables légendes ! Quel plaisir !
Plus étonnant, le film tient la route et propose quelques rebondissements savoureux. La partie la plus délicate était sans doute la place des uns et des autres dans le film. Au final, tout le monde a un rôle défini, tout le monde a sa place dans le film, personne n'est laissé en arrière. La bataille d'égos n'a pas eu lieu et la concurrence s'est avérée positive. Ce sont des individualités au service d'un collectif. C'est rare de voir cela au cinéma. La scène de l'aéroport avec Bruce Willis, Arnold Schwarzenegger, Sylverster Stallone et Chuck Norris en est l'illustration parfaite.
Entre références à leur passé, à leur personnalité et à leur films, c'est le plus bel hommage qu'on puisse faire à ces super-stars du cinéma d'action ! 
Sylvester Stallone a considérablement renforcé sa franchise et un The Expendables 3 est d'ores et déjà en cours de préparation. D'autres stars des films d'actions sont attendues : Nicolas Cage, Steven Seagal, Kurt Russell, Wesley Snipes, Michael Madsen, Dany Trejo, Gina Carano, Taylor Lautner (initialement pressenti pour jouer Billy The Kid) et Mel Gibson
Du lourd, du très très lourd...
Note : ★★★★
Fab'

11 juil. 2012

The Amazing Spider-Man

Peter Parker est un jeune lycéen passionné de photographie et loin d'être populaire dans son lycée. Ses parents sont partis quand il n'était qu'un gamin. Depuis, il est élevé par son Oncle et sa Tante. Un jour, il trouve  par hasard la vieille sacoche de son père. Les secrets de son père le mènent directement au Dr Curt Connors, ancien collègue de son père et éminent chercheur dans la non moins éminente société de recherches scientifiques Oscorp. Suite a une piqûre d’araignée génétiquement modifiée, il obtient des facultés très proches de celles des araignées. Il devient Spider-Man. Recherché par la police, il devient le seul a pouvoir arrêter une étrange créature appelée le Lézard qui menace New York. 

Reboot de la Saga Spider-Man de Sam Raimi, The Amazing Spider-Man (2012) ne m'a pas convaincu dès le début... Et pour cause, un reboot cinq ans après le dernier opus, c'était un peu rapide pour moi. Après on a eu le traditionnel "reboot à la Batman". Mais chez Marvel je savais que ce n'était pas possible. Ensuite, Marc Webb est arrivé au commande du projet. "Qui ?Ce jeune réalisateur américain était surtout connu pour avoir réalisé la comédie romantique pas comme les autres (500) Jours Ensemble (2009) avec Joseph Gordon-Levitt et Zooey Deschanel. Un inexpérimenté donc. Toujours pas convaincu... 
Heureusement l'annonce de l'arrivée au casting d'Andrew Garfield en Peter Parker et de Rhys Ifans en super-méchant (le Lézard) ont augmenté le peu d'estime que j'avais pour ce film à la base. Il a fallu attendre la première bande-annonce pour être complètement satisfait. Car autant vous le dire tout de suite, je suis fan de Peter Parker et de Spider-Man. Je me suis toujours un peu senti comme Peter et j'aime m'identifier à ce personnage... Donc il ne fallait pas louer ce reboot !! 
Mais parlons du film....
C'est une réussite. Le nouveau casting est un vrai plus. Andrew Garfield est Peter Parker. Grand, brun, fin et souriant, c'est Peter Parker. Sa performance est excellente. Il donne un côté plus réaliste et plus proche de nous que son prédécesseur : Tobey Maguire. Les mystères autour de la mort de ses parents sont un pan très intéressant de l'histoire qui risque d'être réexploité dans les prochains films (et c'est tant mieux). 
Comme je le dis souvent pour les films de super-héros, il est essentiel d'avoir un super-méchant digne du super-héros. Ici le Lézard a les qualités d'un "premier" super-méchant. A la fois proche de Peter Parker et de son père, il n'est ni trop puissant et ni trop éloigné des humains. Il est entouré de mystères. Pour finir sur le méchant, la performance de Rhys Ifans est très convaincante. 
Côté action et effets spéciaux, on est comblé. De la petite baston dans le métro à l'affrontement final sur la tour Oscorp, les combats sont impressionnants et très bien chorégraphiés. Marc Webb et Andrew Garfield ont beaucoup travaillé sur les mouvements de l'Homme-Araignée et ça se ressent sur l'écran. 
Tiens Marc Webb, parlons un peu de son travail incroyable. Parce qu'il fallait oser reprendre les rennes de ce reboot. Il a très rapidement posé et imposé sa vision de Peter Parker. En évoquant la mort de ses parents et les secrets autour de son père, il a ouvert une intrigue jamais soulevée jusque là dans les Spider-Man. Mais plus encore, il a su replacer l'histoire dans un contexte plus actuel et plus proche de nous : Andrew Garfield et Emma Stone font vraiment lycéens et l'alchimie entre les deux fonctionne parfaitement, le projet scientifique du transfert génétique inter-espèce est une question plus qu'actuelle, une Tante May plus jeune... Il a insisté pour donner une part importante aux relations humaines entre les personnages (Peter et son père, Peter et Gwen, Peter et son Oncle, Peter et sa Tante), d'où les quelques longueurs que certains ont pu ressentir... Enfin, pour moi, c'est indispensable pour un film de super-héros. Marc Webb a réalisé du très beau travail et je pense qu'il reviendra pour l'épisode 2. 
Evidemment, vous retrouverez des éléments inhérents à Spider-Man comme la morsure, la mort de son Oncle, la découverte des pouvoirs, l'aide des New-Yorkais. Mais ils sont habilement réutilisés. Il y a quelques scènes un peu "too much" mais bon, elles ont un côté humoristique...
Le seul reproche est la 3D. Elle est inutile et en décalage avec le côté réaliste du film. Enfin, un film Marvel seulement distribué en 2D : c'est impossible ! Donc, on fait avec.
Bref, on est loin d'un The Dark Knight, mais The Amazing Spider-man a tout de même le mérite de renouveler l'histoire de l'Homme-Araignée en le plaçant dans l'air du temps et en l'entourant de mystères. 
Il n'a pas a rougir de la Trilogie de Sam Raimi
Note : ★★★★
La bande-annonce de The Amazing Spider-man 
Fab'

10 avr. 2012

Sur la Piste du Marsupilami

Le journaliste Dan Geraldo est envoyé en Palombie pour réaliser un duplex avec le chef des Payas, une tribu locale. Il rejoint sur place son guide Pablito. Mais les deux compères vont aller de surprises en surprises et vont découvrir que le Marsupilami, animal mythique de Palombie, existe vraiment et qu'il est en danger...

Ecrit, produit, réalisé et interprété par Alain Chabat, Sur la Piste du Marsupilami (2012) est un pur condensé de l'humour de Chabat. Fan depuis toujours, je ne peux qu'être satisfait de retrouver l'humour des Nuls, Avez-vous déjà vu... ? et les clins d'oeil hilarants à tout et n'importe quoi. Dans la veine d'Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (2002), le film est une fidèle adaptation de l'oeuvre de Franquin (costumes, décors...) et les gags sont présents tout au long d'un scénario bien huilé. Si on est pas mort de rire du début à la fin (comme pour Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre), il y a des scènes hilarantes dont une qui est d'ors et déjà culte (merci Lambert Wilson). Je vous laisse la découvrir.
Outre l'humour, c'est bien-sûr le côté aventure qui ravira les plus jeunes (sans comprendre certains gags malgré tout). S'ils n'auront pas l'humour, ils seront émerveillés par le petit Marsu en image de synthèses. Un petit bijou, plus que fidèle, c'est le Marsu parfait. Le très gros point fort du film. 
Les esprits écolo, enfantin et d'aventure très présents dans l'oeuvre de Franquin sont parfaitement respectés et Alain Chabat s'amuse de ces critères en inventant des insultes en espagnol totalement décalés sortants de la bouche de Pablito (Jamel Debbouze)... Un exemple parmi d'autres. On se surprend à retomber en enfance...
Plus intimiste que pour Astérix, le casting du film m'a beaucoup surpris. Si le duo Alain Chabat-Jamel Debbouze est toujours aussi plaisant, les rôles de Fred Testot et Lambert Wilson sont totalement étonnants et hilarants. On les a jamais vu comme ça et ça fait vraiment plaisir. Je regrette le peu de présence à l'écran de Géraldine Nakache, cette petite est excellente et méritait un rôle un peu plus étoffé. Au casting, on retrouve également Patrick Timsit, Jacques Weber, Liya Kebede, le catcheur The Great Khali et Aïssa Maïga. Un bon casting. 
Un nouvelle comédie familiale qui mélange parfaitement tous les codes des BD de Franquin avec le meilleur de l'humour de Chabat. Jamais grossier, jamais tâche, jamais ennuyeux, c'est une réussite ! 
Merci Alain Chabat !
Note : ★★★★
Fab'

26 mars 2012

Hunger Games

Dans un futur indéterminé, Katniss Everdeen vit dans une Amérique post-apocalyptique, appelée Panem. Après des décennies de guerres et de troubles publics, Panem, dirigée par le Capitole, est divisée en 12 Districts. Chaque année, deux jeunes enfants de 12 à 18 ans sont choisis pour participer à une émission de télévision. Le principe est simple : combattre à mort dans une arène ; il n'y aura qu'un survivant. Katniss est l'une d'entre eux... 

Peu connu en France, Hunger Games est pourtant un véritable phénomène outre-atlantique. La trilogie littéraire de Suzanne Collins s'est vendue à plus de 30 millions d'exemplaires à travers le monde, tandis que "300 000 petits exemplaires" se sont écoulés en France. Je n'ai pas lu les bouquins (comme souvent lors d'une adaptation cinématographique) mais la bande-annonce très réussie et le pitch intéressant m'ont très vite convaincu (cf. Mon TOP 15 des films les plus attendus de 2012). Avec un bon casting et de très bons échos littéraires, mes attentes étaient hautes, très hautes...
Autant vous dire tout de suite que je n'ai pas été déçu ! 
Le monde de Suzanne Collins (scénariste et productrice) retranscrit par Gary Ross et son équipe (dont l'auteure - voir plus bas) est intrigant : à la fois proche de nous (par les paysages et la population) et à la fois futuriste (les vêtements et la technologie avancée). On n'est pas perdu et donc plus proches des personnages que dans un John Carter (2012) par exemple... Un monde vraiment intrigant que j'ai hâte de découvrir dans les prochains volets. Premier Bon Point !
Le casting alléchant et attendu n'a pas déçu. Jennifer Lawrence en tête. Révélée par Winter's Bone (2011) et X-Men : First Class (2011), la jeune américaine est exactement LA Katniss du livre. A la fois, sensible, jolie, courageuse, débrouillarde, et attachante... Une véritable héroïne avec un vrai caractère. Monopolisant l'écran (comme dans le livre ?), les "seconds rôles" n'ont pas eu grand chose à se mettre sous la dent. Je retiens les bons choix : Josh Hutcherson (Peeta) et Liam Hemsworth (Gale). Deux jeunes acteurs talentueux. Deux belles gueules. Et deux histoires personnelles qui s'annoncent intéressantes. Autre personnage charismatique, Donald Sutherland en Président Snow. Une courte apparition mais qui a tout de suite donné le ton du personnage... Elisabeth Banks (Dos au Mur (2012), La Trilogie Spiderman), Woody Harrelson (Bienvenue à Zombieland (2009)) et Stanley Tucci, sont drôles et méconnaissables. Je termine par mon petit plaisir, le grand Lenny Kravitz que l'on retrouve en styliste futuriste. Énorme ! Un casting rempli de petits jeunes prometteurs, d'un côté, et d'acteurs expérimentés, de l'autre côté. Le juste mélange. Deuxième Bon Point !
La dernière force du film est la tension. Je l'avais déjà senti dans la bande-annonce. Les pressions de l'arène, du combat et d'une mort certaine planent au-dessus des 24 gamins... Bien exploitée grâce à l'environnement hostile et aux fameux coups de canon, on vibre, on retient son souffle. Tout le côté "télé-réalité" est aussi habilement utilisé pour donner un suspens inhabituel dans ce genre de films. Troisième Bon Point ! 
Trois gros points positifs qui donnent à Hunger Games (2012) une belle crédibilité cinématographique. Bien plus qu'un épisode de Twilight... 
Enfin, les fans redoutaient l'adaptation de leur "chouchou" au cinéma par Gary Ross, un homme. Pas un film depuis Pur Sang, La Légende de Seabiscuit (2003)... Le défi était de taille pour Gary Ross. Mais son amour pour le monde des enfants, et la maturité de l'âge passée semble le mélange idéal pour adapter Hunger Games. Sollicitée pour l'écriture du scénario, Suzanne Collins, adapte son roman au grand public en éliminant quelques détails gores et quelques détails "non-adaptables-cinématographiquement" dirais-je... Mais bon, il y aura toujours des détracteurs qui ne comprennent pas le terme "adaptation"... 
Convaincu et enchanté, je vais entamer la lecture de la Trilogie dans les semaines à venir... En attendant la suite prévue pour novembre 2013, "Puisse le sort vous être favorable"... 
Note : ★★★★

En Bonus : Vous ne le savez peut-être pas mais le réalisateur de 2nde équipe n'est autre que... Steven Soderbergh ! Mais.. Que fait-il là ?! Il est simplement venu donner un coup de main à son ami Gary Ross. Un clin d'oeil sympathique que je voulais vous faire partager. 
Fab'

21 mars 2012

Sherlock Holmes 2 : Jeux d'Ombres

Sherlock Holmes et le Docteur Watson sont de retour pour contrecarrer les plans machiavéliques du Professeur James Moriarty. Doté d'une intelligence hors du commun et dépourvu de moral, seul le détective anglais peut l'arrêter. Mais il devra affronter un redoutable adversaire qui semble toujours avoir un coup d'avance...

Après avoir étonner le public et la critique avec le premier Sherlock Holmes (2010), Robert Dooney Jr. et Jude Law reprennent leur rôle respectif Sherlock Holmes et Watson pour cette nouvelle aventure. Dans la veine du précédent, Guy Ritchie nous replonge dans le siècle de Holmes et dans une nouvelle enquête aussi complexe que l'esprit de Sherlock Holmes. Entre énigmes, humour et actions, la recette gagnante du premier épisode est réutilisée telle quelle. Et c'est une nouvelle fois payant !
Le duo Robert Dooney Jr. - Jude Law fonctionne toujours autant. Difficile de trouver plus complémentaire... A ces deux énergumènes, la production a décidé de renforcer la "mythologie" de la franchise en s'attardant d'avantage sur l'entourage des personnages principaux. Ainsi on redécouvre Mary Watson (Kelly Reilly), la femme du Docteur et, Irène Adler (Rachel McAdams). On découvre Mycroft Holmes (Stephen Fry), célèbre frère du Détective, pour le plus grand bonheur des fans. Si le rôle de Noomi Rapace n'est pas très bien exploité, le scénario donne une place importante à l'alter-ego de Sherlock Holmes : James Moriarty. Jared Harris (vu dans Fringe) est impeccable. Froid, joueur, méticuleux et moqueur, il s'adonne à coeur joie aux joutes verbales avec Holmes. Un méchant et un acteur à la hauteur de Sherlock Holmes et de Robert Dooney Jr.
Cocorico ! Le film se déroulant en partie en France, on aperçoit le temps d'une scène (forte) Thierry Neuvic en révolutionnaire français. Après Au-Delà (2011), l'acteur français continue son petit parcours outre-atlantique. 
La recette marche toujours donc, et Guy Ritchie ne change pas sa façon de tourner, sa photographie, et ses fameux ralentis. On est dans la parfaite continuité du premier Sherlock Holmes, au risque de se répéter et de paraître moins intéressant... Cela risque de dérouter certains, voire de les ennuyer... 
Moi j'adhère ! Et si le film a des similitudes (un peu comme Very Bad Trip 2 (2011) et son prédécesseur), Holmes est confronté à un redoutable méchant, à une intrigue complexe et dangereuse. On oublie donc ces petites similitudes. Et de toute façon quand on aime on en redemande. 
Enfin pour terminer, petit mémo à Guy Ritchie, pour le troisième opus, gardez cette recette mais ne tombez pas dans le déjà-vu, car, cette fois-ci, vous allez perdre des fans et tuer la franchise... 
Note : ★★★★
Fab'

19 févr. 2012

Chronicle

Trois jeunes adolescents se découvrent des pouvoirs de télékinésie incroyables. Ne voulant pas jouer les héros avec, ils décident de les utiliser que pour s'amuser, comme une échappatoire. Ces pouvoirs créent un lien d'amitié inexplicable entre Andrew, Matt et Steeve. L'occasion pour Andrew de vivre enfin les plus beaux jours de sa vie qu'il immortalise à l'aide de sa caméra, allumée 24/24 et 7/7. 
Premier coup de coeur de l'année ! Un film que je n'attendais pas du tout (comprenez un film qui n'est pas sur ma liste de films à voir cette année) et qui va surement figurer dans mon TOP 10 2012 ! 
Pourtant au regard de la bande-annonce de Chronicle (2012) (originale pour le coup mais qui ne reflète pas vraiment le film) j'ai pensé à un film classique avec des super-héros, sans grand relief. Au contraire, filmer en "found footage" (caméra amateur) à la Projet Blair Witch (1999), Cloverfeild (2008) et Paranormal Activity (2009), le tout prend une dimension intime et humoristique inédite pour des personnages avec des super-pouvoirs. Ce procédé est d'ailleurs utilisé à la perfection par Josh Trank, ce jeune réalisateur de 26 ans plein de talent et d'idées originales. Je suivrai sa carrière de réalisateur avec attention surtout depuis que j'ai appris que le monsieur aller peut-être rebooter Les 4 Fantastiques (2005)... 
C'est d'ailleurs lui qui a eu la super idée d'utiliser le maximum d'effets spéciaux mécaniques et non numériques pour donner encore plus de réalisme aux péripéties des personnages. Un réalisme d'autant plus accru avec le found footage : la caméra qui vole autour des personnages c'est énorme ! 
Intéressons-nous aux personnages principaux maintenant, Andrew (Dane DeHaan) est la raison du found footage, il immortalise tous les moments de sa vie au grand dam de certains (son alcoolique de père (Michael Kelly), les lycéens) et donc, par conséquent, la naissance et l'utilisation de leurs super-pouvoirs. Matt (Alex Russell) c'est son cousin philosophe. Ils se connaissent pas très bien car Andrew n'est pas vraiment le cousin idéal... Steeve (Michael B. Jordan) est le gars populaire du lycée à qui tout réussi. Les 3 ont chacun leurs points forts et l'alchimie entre les personnages fait plaisir à voir. Mon réel plaisir est de découvrir Michael B. Jordan sur grand écran, le Vince "Superman" Howard de la série Friday Night Lights. Une belle révélation et une belle carrière s'ouvre à lui (si Chronicle est un succès public). 
En tout cas une chose est sûre : on ne s'ennuie pas une seconde. Tout s’enchaîne vite : plus les pouvoirs sont puissants plus il est difficile de les contrôler. Ça donne lieu à un final aussi impressionnant sur le plan visuel que émotionnel. Autre scène impressionnante : la scène de foot US... Du jamais-vu !
Un pop-corn movie avec une dimension sociale bouleversante ponctué d'effets spéciaux impressionnants, de bonnes répliques, d'une réalisation fascinante et d'un trio de jeunes pousses talentueuses, le tout avec des super-pouvoirs ? 
Que demander de mieux ?!
Note : ★★★★
Fab'

12 févr. 2012

Millenium : Les Hommes qui n'aimaient pas les Femmes

Mikael Blomkvist, un brillant journaliste d'investigation, est engagé par un riche homme d'affaire suédois pour enquêter sur la disparition de sa nièce 40 ans auparavant. Ce serait un membre de la famille qui l'aurait tué... Au fur et à mesure des recherches qu'il entreprend, Mikael découvre qu'un tueur de femmes sévit dans la région depuis des années. Il a besoin d'une assistante pour continuer de creuser et élucider le mystère. Il demande de l'aide à Lisbeth, une jeu ado gothique et décalé, spécialiste en informatique. Un duo étonnant réuni pour une enquête inquiétante. 
Difficile de résumer le film sans trop en raconter. C'est dire si l'univers créé et inventé (au jour le jour) par le regretté Steig Larsson est riche et complexe. Outre la complexité du roman, c'est bien sûr le côté noir, pervers et macabre qui a attiré David Fincher... Le réalisateur culte de Seven (1996), Fight Club (1999) et The Social Network (2010) s'est donc attelé à une nouvelle adaptation des romans de Steig Larsson après la version suédoise sortie en 2009. 
Un remake inutile et risqué pour certains qui voyaient dans la version suédoise l'adaptation parfaite. Effectivement, les films sont très bons mais ils sont passés inaperçus aux Etats-Unis (un peu moins en France). C'est donc l'occasion pour David Fincher de faire découvrir l'histoire dérangeante entre Mickael Blomkvist et Lisbeth Salander au peuple américain. 
De mon côté, j'étais plutôt pour. J'ai vu Millenium : le film (2009) au ciné et j'avais adoré. Le seul qui pouvait adapter parfaitement ce film (pour un éventuel remake) ne pouvait être que David Fincher. Roi de l'investigation et des tueurs en série (Seven et Zodiac (2007)) et premier révélateur des déviances macabres de notre société (Seven, Fight Club). Millenium est fait pour lui. 
Heureux donc de voir David Fincher derrière la caméra. Ce dernier décide ne pas américanisé l'adaptation. Il suit donc à la lettre les pages de Steig Larsson et place l'action en Suède. Il confie les rôles principaux à Daniel Craig (impeccable) et Rooney Mara (vue dans The Social Network de David Fincher). Difficile de passer après Noomi Rapace tellement sa performance est incroyable. Mais la petite a du cran et n'hésite pas, comme Noomi Rapace, à se faire piercer, tatouer et arborer une crête gothique. Une métamorphose incroyable. Sa performance l'est tout autant, nous clouant sur place par moment... (la scène du viol est une nouvelle fois d'une puissance folle). Plus sexy que Noomi Rapace, Rooney Mara dégage quelque chose en plus, une part de féminité cachée, enfouie derrière son look qui donne une plus grande force à la relation Blomkvist-Lisbeth. Ce n'est qu'un avis personnel... Pour ce qui est du reste du casting, on découvre Christopher Plummer, Stellan Skarsgard et Robin Wright
En tout cas, la claque est là. Si des plans sont semblables au film suédois, le rythme est meilleur et la caméra de David Fincher fait des merveilles. L'image et l'interprétation sont impeccables. J'attendais pas moins de David Fincher, toujours en quête de la scène parfaite. Son style est brillant, moderne, poignant, puissant... 
Sans révolutionner l'original, David Fincher nous scotche, une nouvelle fois, avec cette enquête macabre sur un tueur en série. Définitivement sa spécialité. 
Note : ★★★★
Fab'

22 déc. 2011

Mission : Impossible - Ghost Protocol


Après une mission au Kremlin qui tourne mal, l'unité Mission Impossible est lâchée. Accusée d'attentat terroriste, Ethan Hunt doit blanchir l'agence et déjouer un complot international qui prend forme... Accompagné des 3 derniers agents de Mission Impossible, Brandt, Carter et Benji, ils sont sur la piste d'un certain Kurt Hendricks... Une piste qui les mènera de Moscou à l'Inde en passant par Dubaï. Un complot sans précédent que la petite équipe de Mission Impossible devra déjouer sans renforts...
Après le désistement de J.J. Abrams, réalisateur de Mission : Impossible 3 (2006), pour reprendre les commandes du 4ème opus, je me demandais ce qu'allait devenir l'avenir de la franchise... Parce qu'après l'épisode 1 qui date un peu (1996), le gros ratage de Mission : Impossible 2 (2000) de John Woo, on aurait pu avoir n'importe quel "gugusse" à la réalisation. Fort de sa position de producteur, J.J. Abrams fait confiance à deux des scénaristes d'Alias pour leur premier film : Josh Appelbaum et Andre Nemec, et offre à Brad Bird (Les Indestructibles (2004), Ratatouille (2007)) sa première réalisation live
Des premières réussies ! 
Vu la filmographie des deux scénaristes, je comprends mieux le retour de l'espionnage pur dans ce nouveau volet. Et Brad Bird trouve l'équilibre parfait entre l'action et l'espionnage. Un cocktail qui sonne comme un retour aux sources de Mission : Impossible. Un renouveau dont tout le mérite revient à J.J. Abrams car il faut rendre à César ce qui appartient à César.. Quand on voit son travail magnifique sur Alias (référence de la série d'espionnage) et sur le tout récent Person Of Interest, on se dit que ce jeune homme avait toutes les cartes en main pour redorer l'image de la franchise Mission : Impossible
Donc, après les éloges, il faut parler du film. Il démarre sur les chapeaux de roues avec Josh Holloway (Lost) et, ça ne ralentit pas... Le rythme est incroyable. On sent la patte Pixar et le côté animation de Brad Bird qui, dans tous ces films, a toujours su maîtriser le rythme de son récit de bout en bout. Un rythme soutenu qui n'a pas l'air de gêner Tom Cruise (à la fois acteur-cascadeur principal, producteur et scénariste) toujours au top dans le rôle d'Ethan Hunt. Bagarres, courses-poursuite à pied, en voiture, cascades sur la plus haute tour du monde... Rien ne lui résiste ! Toujours imperturbable, il peut cependant remercier son équipe dans cet épisode : Benji (Simon Pegg) l'expert hilarant en informatique et autres gadgets hallucinants, Jane Carter (Paula Patton), resplendissante dans sa robe verte... et William Brandt (Jeremy Renner) qui tire agréablement bien son épingle du jeu. Ce dernier à qui l'on donnait sur un plateau les futures reines de la franchise, se voit confier un rôle intéressant qui fait de lui, non pas le nouvel homme fort de Mission : Impossible, mais le coéquipier rêvé pour Tom Cruise pour les futurs épisodes... Une perspective qui m'enchante particulièrement et qui donne un coup de nouveauté à la Saga !
La pléiade de seconds rôles qui entourent ce petit groupe est géniale : Anil Kapoor (vu dans Slumdog Millionaire (2009), 24 et le futur Jack Bauer Indien), Léa Seydoux, la française qui perce à Hollywood, Michael Nyqvist (Millénium (2009)) et Tom Wilkinson
Voilà, je suis vraiment pas déçu par ce Mission : Impossible - Ghost Protocol (2011) qui est le meilleur de la Saga, le plus complet, le plus spectaculaire et le plus drôle. 
Au rayon des scènes marquantes, il y a bien-sûr celle sur la Tour de Dubaï, la scène dans le parking et la scène au Kremlin qui est vraiment très bien réalisée. Et que dire du combat entre Paula Patton et Léa Seydoux... Incroyablement sexy ! 
Le divertissement de l'année : spectaculaire, drôle et efficace ! 
Note : ★★★★
Fab'

19 nov. 2011

Le Stratège

Billy Beane, joueur de baseball prometteur qui, alors que sa carrière n'a jamais décollé, révolutionne ce sport en proposant un nouveau système de recrutement, basé sur les statistiques. Avec l'aide d'un jeune étudiant diplômé en économie, Peter Brand, il va créer une nouvelle équipe avec les joueurs sous-estimés de la League. L'avantage c'est qu'ils sont peu chers. Le but étant de les recruter selon des critères précis, selon des statistiques qui feraient d'eux, non pas la meilleure équipe, mais une équipe capable de gagner les World Series... 
Deuxième film de l'année pour Brad Pitt, après la Palme d'Or The Tree Of Life (2011), il tient le rôle principal de Le Stratège (2011), inspiré d'une histoire vraie. Réalisé par Bernett Miller (le metteur en scène plutôt discret de Truman Capote (2006)), ce film aborde le monde du baseball, et le monde du sport, avec un point de vue non pas original (les coulisses et les vestiaires sportifs, on connait) mais très intéressant. Il faut dire que la théorie de Peter Brand (Jonah Hill) est plutôt déconcertante : créer une équipe de joueurs sous-évalués capable de gagner les World Series en se basant uniquement sur des statistiques. On appelle ça le Moneyball (titre original du film). Cette nouvelle approche du baseball va bien évidemment à l'encontre de la tendance des années 2000 qui était de dépenser des dizaines de millions de dollars pour s'attacher les services des meilleurs joueurs de la planète. Ce fut la même vision des choses pour tous les sports de l'époque (football, basket-ball..). 
Ce pari audacieux est adapté au cinéma avec beaucoup d'intensité et d'intelligence. On plonge dans les coulisses des Oaklands A's un peu comme on plonge dans des vestiaires des Panthers de Dillon de la série Friday Night Lights. On découvre un univers unique plein de tensions, de décisions douloureuses, de choix délicats... Un univers où Billy Beane (Brad Pitt, au top de sa forme) a su, à sa façon, s'imposer comme un pionner et un visionnaire ! Un rôle complexe parfaitement interprété par le grand Brad Pitt. Très impliqué dans le rôle, il est aussi producteur du film. Sans être révolutionnaire dans l'interprétation d'un père fraîchement divorcé en proie aux doutes, qui a une revanche à prendre sur le baseball, ambitieux, mauvais perdant... on retrouve pourtant dans son jeu la classe d'un Rusty Ryan dans Ocean's Eleven (2001) mais aussi la détermination d'un David Mills dans Seven (1996). Une interprétation réussie - comme toujours avec Brad Pitt, on n'est jamais déçu. 
Bernett Miller fait une nouvelle fois confiance à Phillip Seymour Hoffman pour un de ses films. Après Truman Capote, qui lui a valu l'Oscar du Meilleur Acteur, Phillip Seymour Hoffman campe l’entraîneur têtu des Ockland A's. Un petit rôle qui devient presque anecdotique.. Vous pourrez croiser également Robin Wright dans un rôle tout aussi anecdotique. Mais cela augmente encore un peu plus le niveau de cet excellent casting. 
Vraiment intéressant, le scénario signé Aaron Sorkin et Steven Zaillan (scénaristes oscarisés respectivement pour The Social Network (2010) et La Liste de Schindler (1994), autrement dit que des grands films) est vraiment réussi. Sans temps morts, rythmés par des flash-back, des images d'archives, des matchs de baseball et des répliques bien trouvées. On ne s'ennuie pas.
Une scène pour finir m'a beaucoup touché, celle de Billy Beane et sa fille dans le magasin de guitare.. Émouvante. J'aurais pu citer également la rencontre entre Billy Beane et Peter Brand. Pour d'autres raisons évidemment. 
Au final, Le Stratège est une plongée intéressante et réussie dans les coulisses d'un des sports les plus populaires du monde, portée par un Brad Pitt au top de sa forme. 
Note : ★★★★
La bande-annonce de Le Stratège
Fab'

1 nov. 2011

Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne


Tintin, le célèbre reporter intrépide, achète la maquette d'un légendaire bateau dans une brocante. Mais dès l'acquisition de ce trois mats, les mystères autour de ce bateau se multiplient... Un certain Sakharine veut le récupérer.. L'appartement de Tintin est cambriolé... Tintin découvre un message caché qui va le mener à une célèbre famille de marins, la famille Haddock, et vers une aventure pleine de rebondissements. 
Un petit retour en arrière s'impose avant de démarrer cette critique... Fan inconditionnel de Tintin, Steven Spielberg a rencontré Hergé en 1983 pour en acquérir les droits d'adaptation au cinéma. Il est vrai que cette rencontre était inévitable. Effectivement, pour Hergé, seul Steven Spielberg était capable de transposer Les Aventures de Tintin au cinéma. 
Après de multiples scénarios, des essais en animation, en animation de synthèse, en adaptation live, aucune n'est parvenue à satisfaire Spielberg... 25 ans après l'acquisition des droits de Tintin, il a peut être trouvé la technologie qui rendra possible l'adaptation de Tintin au cinéma : la motion capture. Partout où cette technologie est utilisée, Spielberg est là, s'informe, apprend, retient les avantages et note les inconvénients. Ainsi, on le croise sur les plateaux du Seigneur des Anneaux (2001) et de King Kong (2005) de Peter Jackson, pour les scènes avec Gollum et avec Kong, le gorille géant. Mais on le retrouve également sur les plateaux verts du Pôle Express (2004) de son copain Robert Zemeckis et celui d'Avatar (2009) de James Cameron. Toutes ces apparitions ne son pas anodines, il est là pour Tintin. La motion capture étant la seule technologie pouvant retranscrire à la perfection l'univers d'Hergé. 
Il forme avec Peter Jackson un duo de tintinophiles aussi magique qu'improbable qui décide d'investir une partie de leur fortune et une grande partie de leur temps dans l'adaptation de Tintin sur grand écran, en motion capture et en 3D sous forme d'une trilogie hommage. Ils se séparent le travail ainsi : le premier épisode sera réalisé par Steven Spielberg, le deuxième par Peter Jackson et le troisième ensemble. 
Et ce n'est qu'en 2009 qu'il tourne son Tintin en 32 jours seulement. 2 ans de post-production plus tard, en compagnie de Peter Jackson et des studios Weta (responsable des effets spéciaux de la Trilogie du Seigneur des Anneaux et d'Avatar), le film tant attendu sort sur nos écrans. 
Quel pari ! Tintin est un des héros les plus populaires et les plus aimé dans le monde entier. L'adaptation est d'autant plus difficile que c'est l'une des rares adaptations de Tintin. Il y a eu les adaptations live des années 60 avec Jean-Pierre Talbot dans la peau de Tintin... Mais on est loin de la magie des BD d'Hergé... Et d'autant plus difficile que Tintin n'est pas très populaire aux Etats-Unis... 
Qu'importe, Steven Spielberg est resté dans sa perspective de toujours : être le plus fidèle possible à l'univers d'Hergé tout en l'adaptant librement. De toute façon, une adaptation littérale d'un album ne dure pas plus de 45 minutes sur grand écran...
Cette adaptation est un vrai plaisir. Tintinophile depuis mes plus jeunes années, j'ai toujours vu Tintin comme un héros intemporel, courageux, voyageur, honnête et comme un aventurier exemplaire. J'ai été bercé par ses péripéties à travers le monde qui m'ont donné goût à l'histoire. On retrouve tout cela dans le Tintin de Spielberg : une aventure cinématographique. Cette motion capture est juste parfaite, perfectionnée depuis des années, elle atteint une humanité et un naturel exceptionnels qui donnent un véritable réalisme aux personnages d'Hergé. Les studios Weta ont encore une fois révolutionné le cinéma... 
Le scénario écrit par le trio anglais Edgard Wright (Shaun of the Dead (2005), Hot Fuzz (2007), Scott Pilgrim (2010)), Joe Cornish et Steven Moffat (Doctor Who), trois fans de Tintin qui ont eu la lourde tâche de mélanger 3 albums : Le Crabe aux Pinces d'Or (pour la rencontre du Capitaine Haddock et de Tintin), Le Secret de la Licorne (pour l'intrigue principale) et Le Trésor de Rackham le Rouge (pour le dénouement final). Lourde tâche mais parfaitement réussie, on ne s'ennuie pas, il n'y a pas de temps morts, on va de rebondissements en rebondissements et on retrouve bien évidemment tous les éléments de l'univers d'Hergé, parmi lesquels : Milou, l'humour et l'aventure.  Un pur plaisir. 
Le casting, bien qu'invisible, est excellent : Jamie Bell (Tintin), Daniel Craig (Sakharine/Rackham le Rouge), Andy Serkis (Capitaine Haddock), Simon Pegg (Dupond), Nick Frost (Dupont), Tobby Jones, et Gad Elmaleh
Pas facile de jouer les acteurs en motion capture, mais plus facile de créer tout ce que l'on veut grâce aux fonds verts. D'ailleurs, cela donne lieu à des scènes impressionnantes comme la scène avec l'hydravion, le récit des exploits de François de Haddock par le Capitaine en plein dessert, ou bien la course poursuite en side-car en plan séquence dans les rues d'une ville marocaine. C'est tout simplement époustouflant. Une maîtrise parfaite.
Même si Steven Spielberg réinvente quelques passages de l'histoire, l'ensemble est une véritable aventure épique qui ravira les plus grands comme les plus jeunes. Un véritable hommage aux BD d'Hergé qui donne envie de relire les 24 albums d'Hergé... Un pari réussi qui semble bien parti pour être l'un des succès de l'année en France !
Note : ★★★★

9 oct. 2011

Warrior

2 frères se retrouvent dans un tournoi international d'arts martiaux mixtes (MMA). Chacun a ses raisons de se retrouver là où 5 millions de dollars sont à gagner. Tommy le fait pour un frère d'armes tombé au combat, Brendan est menacé de se retouver à la rue... L'amour fraternel est-il plus fort que tout ? Plus fort que la guerre, plus fort qu'une jeunesse perdue, qu'un père alcoolique, que l'adrénaline des combats ?
J'ai attendu Warrior (2011) pendant très longtemps.. A vrai dire, dès que j'ai su que Tom Hardy avait préparer ce rôle (musculairement et physiquement parlant) pour The Dark Knight Rises (2012) où il interprétera le rôle de Bane. M'attendant à un film de combats basiques et pas franchement intéressant, j'ai pris une claque ou plutôt un KO à la Tommy Conlon (le personnage interprété par Tom Hardy).. 
Complet, réaliste, très bien interprété, et vraiment prenant, les 2h20 du film passent à une vitesse folle. Tom Hardy et Joel Edgerton sont impressionnants. Chacun dans un registre différent, le premier très bestial, impulsif et déterminé, le second, plus mature, plus intelligent mais moins confiant. On est loin des films classiques de fight
Les personnages ont une vie, ont une raison particulière de se retrouver dans ce tournoi. Un tournoi par ailleurs, extrêmement bien réalisé, notamment dans l'ambiance, les combats et les coulisses, on vit tout de bout en bout, accroché aux grilles de la cage du ring...
A ma surprise générale, je découvre Jennifer Morrison (Dr House), Frank Grillo (Prison Break) et Nick Nolte. Incroyable en père-entraîneur alcoolique et grande déception de la famille Conlon... La scène à l'hôtel avec Tommy est d'une puissance émotionnelle folle. 
Aidé par de véritables professionnels du MMA, les combats sont plus que réalistes, on se prend chaque droite, chaque coup de tatane en pleine face avec une efficacité étonnante. Depuis Fight Club (1999), je n'avais pas vu de combats aussi réalistes et spontanés. On a l'impression que tout a été tourné d'un coup sans scénario préparé à l'avance... Une réalisation impeccable et efficace.
Outre le combat final, une scène m'a beaucoup touché, les retrouvailles des deux frères sur la plage... Quelle émotion, quelles interprétations !
Une autre image me vient en tête, celle d'un Tom Hardy à la limite de la folie à la fin d'un combat... une tête de psychopathe qui laisse présager le meilleur pour Bane !
Gavin O'Connor, réalisateur du film policier pas si mauvais Le Prix de la Loyauté (2008), réuni un très bon casting, filme les combats de façon dynamique et percutante. Et même s'il n'a pas la virtuosité d'un David O. Russell ou d'un Darren Aronofsky pour filmer les personnages (Remember The Fighter (2011) et The Wrestler (2009)), on en prend plein la gueule !
Une belle surprise à la fin attendue mais qui vous surprendra tout de même.
Direction les Oscars !!
Note : ★★★★